51 ans, écrivain amateur depuis son adolescence, Jack est Marseillais d’adoption et de cœur. Il a eu la chance de voyager ce qui lui a permis de faire ce qu’il appelle « sa petite odyssée » riche en rencontres de personnes de tous horizons et en expériences.
Jack est aussi un passionné de jeu. Il travaille en freelance en tant que coordinateur régional pour un distributeur de jeux de société.
Il est en plus éditeur de jeux de rôles, chef de rubrique jeux de sociétés pour un magazine de presse écrite, bref c'est un homme occupé.
C’est un esprit curieux qui ne se lasse pas de nouvelles découvertes, appréciant les arts sous toutes leurs formes, du cinéma à la peinture en passant par le théâtre qu’il a pratiqué pendant plus de 10 ans.
Il est depuis toujours passionné des univers horrifiques et fantastiques qu’il explore et cherche à faire découvrir par l’intermédiaire de nouvelles.
Il aime également l’absurde, les cacahuètes et les kaïjus!
Il a auto-édité son premier roman, « Mission Thucydide », son deuxième « Chaos Ex Machina » est sorti aux éditions Ogmios.
En 2024, deux publications très différentes l'une de l'autre viennent s'ajouter à sa bibliographie, puisqu'il s'agit d'une novella pour public averti dans notre collection DiscordeS, et d'un album jeunesse pour enfant dans notre collection Premier Livre. Pour ce dernier, Tony Rochon est à retrouver à l'illustration.
En 2025, sa plume poétique et précise se retrouve dans l'anthologie "Nouvelles sonorités", où il rend hommage au groupe de musique Magma.
Crédit photo : Frederic Sapp
Céline Charlemagne –
J’avais déjà beaucoup apprécié la précédente novella de Jack Machillot, Si c’était un homme. Ce court texte proposait une plongée troublante dans l’esprit d’un homme en train de perdre pied, une exploration psychologique dense et dérangeante qui m’avait marquée par sa justesse et son atmosphère. C’est donc avec curiosité que j’ai ouvert L’homme que je fuis, intriguée de voir comment l’auteur allait déployer son écriture dans ce nouveau texte.
Dès les premières pages, le ton est donné. Le narrateur, écrivain reconnu, revient dans la région où il a grandi après presque trente ans d’absence. Un retour qu’il n’a pas vraiment choisi : c’est son éditeur qui l’a convaincu d’entreprendre cette tournée promotionnelle « aux sources ». Mais ce voyage n’a rien de nostalgique. Au contraire, le personnage affiche d’emblée une forme de rejet presque viscéral pour ce territoire et pour ce passé qu’il pensait avoir définitivement laissé derrière lui.
Le roman se construit autour de ce retour forcé et de ce qu’il fait ressurgir. À mesure que le narrateur retrouve les lieux de son enfance et croise des figures de son passé, des souvenirs refont surface. Le récit progresse ainsi par touches successives, entre présent et mémoire, révélant peu à peu les tensions, les blessures et les non-dits qui ont marqué sa jeunesse.
L’un des points forts du roman réside dans ce choix d’une narration très introspective. Jack Machillot place le lecteur directement dans la tête de son personnage. On suit ses réflexions, ses hésitations, ses tentatives parfois maladroites de donner un sens à ce qu’il a vécu. Cette proximité crée une forme d’intimité avec le narrateur, même lorsque celui-ci reste volontairement opaque.
L’écriture, de son côté, se distingue par une certaine sobriété. L’auteur ne cherche pas les effets spectaculaires et privilégie une progression lente, presque contemplative. L’intérêt du roman ne tient donc pas tant dans une succession de rebondissements que dans la manière dont le passé se dévoile progressivement, comme si le personnage lui-même redécouvrait ce qu’il avait longtemps tenté d’oublier.
Cette approche donne au livre une atmosphère particulière, parfois mélancolique, parfois plus sombre. Elle pourra surprendre les lecteurs qui attendent un récit très rythmé, mais elle correspond pleinement à l’ambition du texte : explorer les failles de la mémoire et les traces que l’enfance peut laisser dans une vie adulte.
Avec L’homme que je fuis, Jack Machillot confirme ainsi son goût pour les récits psychologiques, centrés sur l’intimité de ses personnages et sur les zones d’ombre qui les habitent. Un roman qui prend le temps d’installer son atmosphère et qui s’apprécie surtout pour la finesse de son regard sur les souvenirs, les regrets et les identités que l’on se construit. Ou que l’on fuit.